Concert de Murcof+Antivj


 

La salle est progressivement plongée dans l’obscurité, un point grossi sur l’écran pour former une boule informe.


L’ambiance est tout de suite posée : entre quelques notes planantes, des sons crissant éveillent la chose, qui s’étend devant nous tel une araignée géante – rappelle L’Araignée souriante d’Odilon Redon. Les artistes dans ce début de concert mettent nos nerfs à l’épreuve. Vision angoissante : entre cauchemar et éveil.

Même si les parties suivantes sont plus douces, notre esprit reste empreint de cette sensation.

 

C’est une forme vivante et poétique qui évolue sur l’écran : la masse se transforme et s’ouvre peu à nous peu à peu traçant ainsi une trame dramaturgique.

D’autres formes se succèdent, entrainant toujours le spectateur dans un vertige d’images : un cosmos en expansion, des lignes qui se créent à l’infini…

On est complètement immergé dans l’image, il suffit de se laisser conduire par les sensations provoquées par les sons et les images quasi-holographiques. On est tellement absorbé par les images que l’on a l’impression d’assister à une séance de cinéma dynamique.

Jerome Nadeau
Jerome Nadeau

 

Les artistes sont derrière un écran qui prend toute la largeur de la scène.

 

Ce n’est pas un concert conventionnel avec des musiciens en avant-scène : leur têtes apparaissent derrière l’écran.

 

 

On reconnaît le musicien et le graphiste. Le premier, Murcof, est plongé dans son ordinateur alors que le graphiste, Antivj, a souvent le regard en l’air vers l‘écran.

 

 

 

 

Quelle est la part de programme et la part de direct et d’improvisation ? On a plus l’impression d’une projection avec bande-son.


Dans quelle mesure peut-on parler de spectacle vivant ?

 


Il n’a pas la dimension humaine d’un concert tel qu’on l’entend.

Mais, ils font montre d’une grande sensibilité car ils ne se mettent pas en avant et nous donne à voir des formes sensibles. Nous sommes en prise directe avec le son et l’image. Les artistes étant en retrait nous sommes plongés dans un univers qui laisse libre cours à notre imagination.

Au théâtre de l’Agora vendredi 13 mai

AUTEUR


Aurore AMOUROUX travaille dans une agence de design.