Karim BOUKERCHA signe "Descente interdite".

 

Travail magnifique, clair, facile à lire et creusé, une merveille de livre ! Et un entretien vif avec un auteur témoin qui a voulu que cet éphémère reste..

 

Entretien avec Franck SENAUD.

Franck SENAUD :La présentation de votre passionnant livre "Descente interdite" indique que vous avez graffé/taggé (on reviendra sur la différence si vous le voulez bien). Les deux vidéos de Runkle sur dailymotion donnent beaucoup d'informations sur votre parcours et vos intentions sur ce livre.

Apparaissez-vous dans le livre ? Que dessiniez-vous ?

 

KARIM BOUKERCHA: j'apparais oui mais je préfère pas mettre ça en avant...

 

FS: je m'en doutais un peu (et ce n'était pas l'intention) mais pour estimer quel type de graff vous touchait et dans quel contexte cela a commencé ?

 

KM: je faisais pas mal de personnages et j'ai commencé vers 1992

 

FS: suivi des potes qui graffaient ?

 

KB: oui avec plusieurs copains, qui étaient la "nouvelle génération" de peintres actifs sur ce genre de support

 

FS: y avait pas de filles du tout !?

 

KB: non, il y en avait pas du tout a cette époque. Comme de tout temps ou presque avec le graff de ces époques là.

 

FS: trop dangereux ? ou entre mecs ?

 

KB: J'en sais rien faudrait demander aux filles. C'est comme ça, t’en avait pas.

Pourquoi ça n'interessait pas les filles, ça c'est à elles qu'il faudrait demander ?

 

FS: je ne veux pas réécrire l'histoire c'est pour comprendre l'étincelle de départ. Ça aurait pu valoir le coup, de chercher à les épater.

 

KB: C'est une époque ou y a des tags partout dans la rue, des terrains vagues avec des graffitis etc..

C'était bien plus amusant de taguer que d'impressionner les filles..

FS: je classe cette phrase dans ton dossier.

ce que tu montres bien c'est à quel point c'est une pratique qui intègre l'éphémère. Ils se foutent que ça dure. même d'en garder quelques traces et c'est ce qui, souvent, est propre à la jeunesse.

 

KB: Oui...

 

FS: c'est un gros problème pour quelqu'un qui veut témoigner, garder une trace dans un livre non ?

 

KB: un peu... sauf si il a des photos de ses peintures

 

FS: y a -t-il des graffeurs qui n'ont rien gardé ? qui ont refusé d'en reparler ?

 

KB: rien gardé ou très peu, oui. non tout le monde a bien voulu me parler

FS: Ton âge et le début de ta pratique t'ont placé à cheval sur 2 époques non ?

 

KB: Les gens qui commencent en 92, sont vraiment effectif en 95-96 donc j suis en plein dans "ma" génération

 

FS: Tu as pu croiser les tous premiers graffs que tu décris de 1984-89 ?

 

KB: Non. vu en photo pour la plupart

 

FS: Après tes débuts de graffeur ? ou ça y a contribué ?

 

KB: Après..

A SUIVRE