CABRERO. L’Open World, le pari vidéoludique de des créations « nouvelle génération »

 "Mais il est intéressant de constater que ces trois dernières années ont laissé place à de plus en plus de productions développées en Open World... une expérience de jeu plus libre et aléatoire qu’un jeu-vidéo linéaire construit et dirigé par des couloirs."

En juin dernier s’est tenue la dernière édition du célèbre salon de jeux-vidéo, l’E3. Un événement vidéoludique planétaire qui permet aux différents éditeurs de faire exploser leur budget communication en balançant multiples bandes-annonces ou extraits exclusifs de leurs prochaines créations.

 

Mais il est intéressant de constater que ces trois dernières années ont laissé place à de plus en plus de productions développées en Open World, ou « monde ouvert ». Cette définition de level design permet au joueur d’évoluer et d’interagir au sein d’une vaste map représentant un monde virtuel. Ainsi, même si ce monde a ses limites géographiques, il offre une expérience de jeu plus libre et aléatoire qu’un jeu-vidéo linéaire construit et dirigé par des couloirs.

Elite, 1984. Un vaste univers galactique au cœur de l’innovation technique

Certes, l’Open World n’est pas un concept vidéoludique récent, si l’on remonte à des jeux comme Elite (1984) ou  The Elder Scrolls (1994). Mais force est de constater que les évolutions technologiques qui ont fait (et font) grandir l’industrie du jeu-vidéo permettent désormais de construire des mondes de plus en plus riches, interactifs et surtout crédibles.

Et c’est bien ce que les éditeurs veulent transmettre dans leurs vidéos promotionnelles, à l’heure où il faut démontrer la supériorité technique des consoles Next Gen.

La célèbre licence Metal Gear Solid passe à l’Open World, pour son dernier volet développé sur consoles Next Gen

L’Open World est désormais un concept développé au sein de toutes les catégories de jeux-vidéo. Certaines licences comme Grand Theft Auto ou The Elder Scrolls ont popularisé ce format, même si ce dernier s’est multiplié au sein des « Jeux de Rôle en Ligne Massivement Multijoueurs » (ou MMORPG). Un monde virtuel accessible à des joueurs connectés, afin de s’adonner à diverses quêtes ou actions en tout genre.

Aujourd’hui, des gros studios de développement, comme Ubisoft, parient sur l’Open World pour faire vivre ou lancer des licences à succès : Assassin’s Creed ; Far Cry ; The Division…

Le dernier exemple en date (mai 2014) se nomme Watch Dogs, un jeu en monde ouvert où le joueur incarne un hacker qui peut contrôler toute la ville de Chicago à l’aide de son téléphone portable.

Une idée ingénieuse et totalement d’actualité. Et pour se faire, l’équipe de développement a tenu à recréer un Chicago plus vraie que nature, en photographiant une grande partie des architectures urbaines et en capturant divers cycles journaliers et météorologiques. Ce qui lui a valu pas moins de quatre ans de développement…

Watch Dogs. Aiden Pearce dans un Chicago plus vrai que nature

Il est en de même pour son grand frère, le bien nommé Grand Theft Auto V, sorti en septembre 2013. Cinq années de développement et une map plus importante que tous les GTA antérieurs réunis. GTA V est donc une production où le joueur peu évoluer en ville, en zone rurale ou aquatique. Et pour ces différents environnements, les interactions ont été pensées de manière adéquate, tant au niveau du climat, de la fréquentation, que de la circulation, etc.

L’objectif est d’offrir au joueur un monde crédible, fondé sur des codes sociétaux connus et maîtrisés par le joueur, avant de s’adonner à un récit purement fictif.

Le cas de la licence GTA V est en ce sens très intéressant et singulier. En effet, c’est une production extrêmement populaire et qui a su devenir aujourd’hui une production communautaire.

Il existe des fans de GTA, regroupés sur divers sites et forums grâce aux espaces d’échange et de parole qu’offre Internet. Et ces mêmes individus passent au peigne fin l’ensemble des teasers et trailers de l’opus, afin de détecter chaque détail croustillant que les développeurs auront bien voulu laisser paraitre.

Ce mécanisme de promotion est en réalité devenu une véritable stratégie de communication, afin d’attiser l’attente et donc le désir. Deux sentiments créés par l’immense possibilité créative qu’offre l’Open World, à l’heure où les studios Rockstar déboursent des millions pour accoucher de leur nouveau bébé. De quelle ville s’agit-il ? Quels véhicules seront à disposition ? Quelle sera la taille de la map ?

Autant de questions que les internautes essayent de résoudre avec des captures écran et des zooms ! Et c’est ce qui aura sans doute permis aux joueurs impatients (le mot est faible…) d’être tenus en haleine durant deux ans, le premier trailer officiel ayant été communiqué en novembre 2011 (pour une sortie officielle du jeu en septembre 2013). De fait, l’avantage de l’Open Word, c’est qu’il y a beaucoup à communiquer pour se permettre de faire languir des joueurs sur un espace-temps aussi grand.

L’imposante map de Grand Theft Auto V

Au-delà de l’avantage promotionnel, l’Open World est avant tout un pari technique et créatif, reposant sur un travail minutieux. Si le progrès technologique est un avantage non contestable, il faut toutefois fournir suffisamment de détails réels pour créer une simulation crédible et cohérente. Ce n’est donc point étonnant si les gros studieux actuels bénéficient d’une équipe de 300 personnes pour alimenter le travail créatif.

 

L’Open World va au-delà de la réflexion ludique dictée par le game design. Il s’agit de construire et penser un monde, imaginaire ou simulé. Un monde avec ses interactions, ses cycles, ses caractéristiques aléatoires… En somme, un travail qui dépasse la seule vision schématique à la base du processus de jeu.

Théo CABRERO

s'intéresse à tout, découvre des pépites et allume la mèche..