Lecture. Le cas perenfeld de PATAUT

 

Se perdre dans la parole de 46 auteurs en un seul. C'est l'expérience de  lecture vécue par Aurore Amouroux.

 

On entre dans un recueil de nouvelles comme on entre dans un labyrinthe,

 

on les déchiffre comme les pièces d'un rébus, on y cherche du sens comme dans une énigme.

 

Ce recueil alterne entre nouvelles réalistes et fantastiques, récits de quelques pages à d'autres très courts. Du récit de la disparition d'un enfant à celui d'un homme qui veut construire un château en sucre.

 

Habitué à être dans un seul registre, le lecteur est un peu déstabilisé.

 

 

Se pose la question du titre. Le Cas Perenfeld est l'une des nouvelles .En quoi est-elle porteuse du sens général du recueil ?

 

Même si l'on est sans repère au début du livre, il ne faut pas lâcher car le lien du livre s'installe, imprègne le lecteur et l'enroule dans l'écriture au fur et à mesure qu’il avance.

 

C'est ce tangage entre réalité et étrangeté qui fait le mouvement de ce livre. C'est ce que l'on retrouve dans la nouvelle éponyme : Perenfeld est pour le narrateur comme une présence tutélaire immortelle jusqu'à que celui-ci soit rattrapé par la fatale réalité.

 

 

 

Une fois ce sens saisi, on se retrouve dans un univers qui mêle celui de Borgès et de Maupassant, l’étrange cruauté du quotidien.

 

 

Et si l'on se demande encore comment des récits aussi variés peuvent cohabiter dans un même corpus, il faut relire la nouvelle Dans Cinq portraits de Lol :

 

" Combien de volumes aurait-il fallu ajouter aux oeuvres de Don Isidro pour qu'un lecteur pût en voir la clé ? »

 

Ce recueil exprime les facettes d'une réalité dont personnes n’à vraiment les clés.

 

Il y a de l'étrange jusque dans le familier, l'intime.

 

 

Fabrice Pataut nous offre une réalité explorée, déformée.

 

 

 

Et le lecteur de fermer le livre avec cette phase en tête.

 

" et la réalité est bien moins amère que Lol se l'imagine"

 

 

Aurore AMOUROUX

grande lectrice, écoutrice, précise et sensible.