Le rouge dans l’univers du packaging

 

de Mark Fischer, directeur de création

dans l’agence de Design Dragon rouge.

O.Perrin
O.Perrin

 

Préfigurations : Que symbolise le rouge pour vous?

 

Mark Fischer : La puissance et la vitalité.

 

 

Préfig. : Dans le graphisme d’un packaging, quand choisissez-vous d’utiliser du rouge ?

 

M.F. : On le retrouve surtout dans un logo ou du texte. C’est une couleur très utilisée dans l’identité de marque : elle est très présente dans les marques alimentaires : le logo de Findus, Lu ou Kambly. C’est une couleur qui appelle.

 

Utilisé dans le reste du décor, le rouge peut servir à segmenter une gamme : par exemple les différents parfums d’une gamme de gel douche.

 

Un pack rouge vif se rattachera plutôt à un produit d’appel. Un rouge éteint ou laqué sera plus raffiné. On le retrouvera dans le luxe ou la parfumerie.Pour que le rouge ait un aspect qualitatif, il doit être travaillé : en nuance, en dégradé, en relief, nacré…

 

Préfig. : Quelles sont les valeurs associées au rouge sur un pack?


M.F. :Chez Vittel, il exprime la vitalité que souhaite mettre en valeur la marque.

Dans d’autres marques, il exprime la technologie et l’efficacité : les cercles concentriques rouge sur le pack Neurofen. Le rouge ne correspond pas à la notion de naturalité.

Le fait que Mac Donalds soit passé d’un logo au fond rouge à un logo au fond vert montre bien leur volonté de faire passer l’idée de produits sains et naturels devant l’idée d’une marque de restauration rapide fun.

Une marque de Spa, qui véhicule la notion de bien-être, d’hydratation pourra être travaillé avec du vert, du bleu, du mauve ou du taupe mais pas en rouge : on aurait l’impression de risquer un bain brulant.

Préfig. : En linéaire, le rouge permet-il de distinguer un pack d’un autre ?

 

M.F. : Une couleur vit par rapport à ce qu’il y a autour. Si un pack rouge est noyé dans un linéaire avec des packs d’autres couleurs, il ne se détachera pas. Par contre, dans un milieu blanc (cosmétique, santé), il sera impactant. Le rouge vibre plus ou moins selon son environnement.

La perception d’une couleur dépend également de sa surface d’expression. Une couleur sur une typo sera plus dense que sur tout un développé de pack. Inversement elle sera plus puissante sur un mur que sur le nuancier qui aura permit de la choisir.

O.Perrin
O.Perrin

 

et Jérôme Marcesche, chromiste

dans l’agence de Design Dragon rouge.

 

Préfig. : Quelles sont le principales nuances de rouge utilisées ?

 

Jérôme Marcesche : Une dizaine, qui vont du framboise à la fraise. Le rouge est souvent utilisé brillant et entouré de couleurs plus sourdes pour le faire ressortir. C’est un basique qui doit être travaillé pour s’adapter à des marques haut de gamme.

 

Préfig. : Comment se passe une recherche couleur sur du rouge ?

 

C’est une couleur facile à travailler. La base est un mélange de jaune à 100 % et de magenta à 100 %. Quand on baisse ces valeurs, c’est complexe car çà vire vite à l’orange ou au rose. Mais quand on les augmente, quand on fonce la couleur, le choix est plus facile car on est dans des rouges prune, des pourpres, plus qualitatifs.

Quand on fait une recherche sur du rouge, c’est facile car on est vite cloisonné .On ne peut pas partir dans tous les sens comme avec d’autres couleurs. On est limité en terme d’intensités.

 

 

Préfig. : Est-ce que le rouge est toujours une couleur puissante?

 

C’est toujours une couleur impactante notamment dans l’identité de marque. Elle « agresse » : une marque s’en servira pour « agresser » le marcher, s’imposer. C’est une couleur efficace. Le rouge permet d’isoler un élément de graphisme. Il fonctionne avec son environnement. Si on met du jaune a côté, il faut baissé le pourcentage de jaune dans le rouge. C’est une question d’équilibre.

 

Entretien réalisé par Aurore AMOUROUX.

Mai 2011. Paris