Les Mécaniques poétiques Installations d’ Ez3kiel au Théâtre de l’Agora

Des visiteurs, adultes et enfants, sont aux manettes d’installations qui mêlent interfaces numériques, esthétique 19ème siècle et musiques électroniques.

Vous êtes dans l’exposition Les Mécaniques poétiques du groupe Ez3kiel, au rez-de- chaussée du Théâtre de l’Agora.

 

A découvrir, une série d’instruments d’un nouveau genre :

Le Cycloharpe : on actionne les pédales d’une ancienne machine à coudre pour créer des cercles sur l’écran. Ces images s’entrechoquent au rythme que l’on choisi et génèrent des sons. Il y a quelque chose de magique dans le lien entre la mécanique de la machine et les sons qui s’en échappent. Le visiteur devient un tisseur de sonorités étranges.

Le Piano quart de corps : déjà les instructions nous introduisent dans un univers singulier :

« Touchez les notes du piano pour activer à l’écran la mécanique d’un automate virtuel qui se chargera de jouer gracieusement pour vous les notes demandées » : la grâce de l’automate, les mécaniques poétiques et l’imaginaire des technologies.

Les bras de l’automate en mouvement ont quelque chose de l’ insecte en action : la mécanique devient organique.

Les Balles perdues : un baromètre sert de gouvernail à une sorte de flipper musical géant projeté au mur. La 3D crée un effet d’immersion pour le visiteur. Cette installation est ludique car elle rappelle les jeux d’arcades et d’adresse que l’on peut faire sur son ordinateur.

Cordes sensibles : des sons s’envolent d’une table, où l’on fait s’entrechoquer des cordes virtuelles. Cette installation est emprunte d’onirisme : les cordes, comme organiques et émotives, réagissent aux impulsions tactiles. Un univers féérico-numérique.

Pour l’exposition, l’objectif était de trouver des formes qui fonctionnent avec les musiques de l’album Naphtaline .

Le point de départ de ces installations n’est pas un croquis. C’est l’envie, pour Yann NGuema, bassiste du groupe Ez3kiel, de créer des surfaces sensibles en utilisant des objets remplis de poésie.

Ce désir transparait tout au long de l’exposition et crée un sentiment de familiarité avec les œuvres.

On entre dans une salle noire où sont exposées trois de ces installations. C’est un peu comme un retour dans le grenier de nos grands parents, accompagnés, cette fois-ci, par de douces et électroniques sonorités. C’est la boîte à musique que l’on retrouve, comme hypnotisé, toujours et encore, par la petite danseuse au tutu rose qui tourne sur l’air du lac des cygnes. Un voyage au pays des souvenirs.

 

Le truc de Yann NGuema ce sont les codes, la création de programmes.

Pour lui un codage informatique peut-être rempli de poésie et de sensualité. Les mathématiques, la trigonométrie sont, à l’entendre parler, comme des abstractions poétiques.

Tel un poème, les codages contiennent un sens caché sensible à celui qui le cherche.

Des images traditionnelles, il en fait. Comme celle que notre œil investit dans Le Stéléoscope, ancienne télescope dans lequel on se promène à l’intérieur d’une salle de spectacle.

Mais ce qu’il préfère c’est la création d’images à partir du codage pixellaire.

Le défi personnel de cet autodidacte : une image qui serait généré par un million de pixel.

 

LA SUITE DE L'EXPO

AUTEUR


Aurore AMOUROUX travaille dans une agence de design.