Entretien 2

Christian JACCARD évoque la figurologie, un sujet qui passionne prefigurations depuis 10 ans: signifier par des images. La trace, l'empreinte, le feu sont-ils des images ? 

TRACES ET FIGURES

FS : Ce que vous dites sur les traces me fait penser à ce que vous faites au tout début avec l’imprimerie.

Avez-vous déjà fait de la gravure ?

On pourrait penser que vous avez été marqué par votre travail sur la Figurologie.

Ce sont des tissus que vous plissez ?

 

CJ : J’ai pratiqué la xylographie. La Figurologie ce sont des papiers froissés en forme de visage enduits d’encre d’imprimerie puis imprimés sur des supports de bois pour être ensuite gravés.

Je souhaitais représenter des gueules étranges ressemblant davantage à des masques qu’à autre chose.

 

FS : Est-ce reporté après ? Ou est-ce directement sur la plaque que vous avez mis un tissu ou un papier ?

Comme on fait un monotype.


CJ : Non. Les effets de matière que l’on voit sur ces épreuves sont produits par des gouges plates et striées appelées «vélos » et par des roulettes de dentiste permettant de créer des dégradés et de mettre en relief ce qui sera imprimé.

 

Par ma formation de graveur/lithographe je travaillais durant douze ans dans une imprimerie typographique où les matériaux, outillages et techniques d’impression ont suscité un désir pour l’art.

 

 

FS : Cette idée de traces, d’empreintes se retrouve récemment dans votre travail.

La seule différence, puisque notre revue s’intéresse aux mécanismes de la figuration: ici vous vouliez faire des figures, ce que vous ne faites pas avec le feu ?

 

CJ : J’intitulais ce travail la Figurologie, pressentant d’autres questions à venir au sujet de mon désir d’art ; la problématique de la figure à cette époque me paraissait plus pertinente que celle de la trace par empreinte évoluant par la suite.

 

Que ce soit une trace de papier froissé, de corde, de gel thermique dégageant sa poussière de carbone, je suis convaincu que le phénomène des traces par empreinte est quelque chose d’universel qui m’a toujours préoccupé; sachant par ailleurs que dans les règnes du vivant il s’agit du même contexte et d’un processus analogue.

Photo Franck Senaud