C. YAHIA. "LE VOL DE L’HYPNOCAMPE"

 

 

Message de feu Mojo Moëbus à l’attention de Jodo Rising

 

 

J’ai vu l’hypnocampe

 

J’ai vu le vol hypnoïde de l’hypnocampe

 

J’ai vu l’hypnocampe

 

Le balbutiement papillonnant de ses ailes

 

Sa danse agonique et forcée

 

Sa transe convulsive de colonne brisée

 

Son crâne d’empereur couronné d’un diadème de corail

 

 

 

Tes yeux suivent le vol hypnoïde de l’hypnocampe

 

 

 

L’hypnocampe

 

Sa gueule de robinet

 

Sa trompe de saxophone à bulle

 

Ses naseaux de cheval haletant

 

Son corps de liège recouvert d’une robe d’alumine

 

 

 

J’ai vu le vol hypnoïde de l’hypnocampe

 

 

 

A présent précis il t’apparaît

 

 

 

Son corps droit comme un crayon

 

De sables précieux granulé

 

Son corps hernissé

 

D’un ventricule cirrhotique

 

Sa queue s’achevant en hameçon inutile et parfait

 

Sa queue en point d’interrogation

 

A la fois hameçon et appât

 

N’a d’autre énigme qu’elle-même

 

 

 

A laquelle tes yeux s’accrochent

 

 

 

J’ai vu le vol hypnoïde de l’hypnocampe

 

Poisson vertical

 

Amuse gueule de baleine

 

 

 

Son œil idiot de caméléon myope

 

Trahit son ivresse dilatée

 

D’hydrophile ivre de plancton

 

 

 

Il nage en boitant et

 

Il boit en nageant !

 

Mais…

 

Mais…

 

Dans ses ailettes cardiaques :

 

L’espoir fou d’Icare

 

Voler

 

Voler

 

Voler… jusqu’au soleil !

 

 

 

J’ai bu l’hypnocampe

 

Le bol hypnoïde de l’hypnocampe

 

 

Christophe YAHIA

est poète, philosophe et mauvais esprit.