En dix points ce qui nous touche chez Tavernier, le rend proche, sympathique et humain :

Citations extraites des entretiens de Noël Simsolo dans son ouvrage « Le cinéma dans le sang » consacré au grand réalisateur .

1. Son désir d’aller toujours de l’avant, sa modestie :

 

« Je suis toujours entrain d’apprendre ».

« Toujours le désir , le plaisir d’apprendre, de découvrir »

 

2. Le choix des romans qu’il transpose à l’écran : non pas guidé par une démarche intellectuelle mais par la sensibilité :

« Il faut qu’un texte me touche, il suffit parfois qu’un chapitre, quelques phrases me touchent pour que je décide d’en faire un film »

 

« J’absorbe des masses d’informations et je les laisse se décanter, je ne regarde plus les livres »

 

 

 

3. Des acteurs aussi il veut apprendre, tirer le meilleur d’eux-mêmes sans idée préconçue :

« Je veux obtenir des acteurs plus qu’ils ne semblent pouvoir donner, qu’ils entrent dans la dynamique intérieure du film »

« Je veux qu’ils désirent m’étonner, que je puisse tout leur demander ».

 

4. Le choix du sujet des films répond à la même démarche : partir du concret, d’un ressenti  et aller à la découverte :

« J’ai toujours besoin d’avoir une relation émotionnelle avec le sujet »

« Je déteste les idées générales, les grands concepts , je me plonge dans un univers que j’essaie de comprendre »

 

5. Son objectif : garder un regard personnel avec une grande proximité avec les personnages :

« J’essaie de faire des films qui me ressemblent, des films que j’aimerais voir, qui correspondent aussi à ceux que je rêvais de faire »

« Mes films sont (davantage) des films d’amour, des films qui épousent les émotions des personnages »

 

6. Dans les tournages c’est le naturel qui prévaut ; les incidents peuvent se transformer en atouts.

«  J’aime que ma manière de filmer soit large, qu’on respire dans mes films »

« J’aime tourner vite sans calculer »

 

7. C’est le réalisateur qui s’adapte au film en gestation en une symbiose parfaite :

« Je m’attache le plus possible à ce que le scénario soit construit de manière désordonnée, chaotique, en symbiose avec les sentiments des personnages. Rien ne doit annoncer ce qui va arriver »

« Il faut savoir se soumettre au ton que trouve le film »

 

8. Il fait sortir le film historique du conventionnel qu’il abhorre : réalisme et authenticité sont ses maîtres mots :

« Dénoncer me paraît moins important que comprendre » 

« Refuser tout ce classicisme graphique et glaçant du film historique traditionnel »

« Mais comment avez-vous fait pour retrouver toute cette authenticité ?

-L’imagination mon général »

 

 

9. La musique ne fait pas seulement corps avec le film, elle est partie intégrante de la création du réalisateur :

« Pas une illustration pléonastique, mais un prolongement des intentions les plus secrètes du cinéaste »

 

10. Que ses films soient dits engagés ne fait selon lui que traduire son intérêt pour le monde qui nous entoure :

« Pour ma part, j’ai l’impression de continuer ce qu’ont fait de nombreux cinéastes dans le monde : Regarder ce qui est autour de soi et m’en inspirer, je ne vois pas en quoi je suis plus citoyen que d’autres »

 

Francoise AMBOLET

est germanophile, lectrice passionnée,  à l'écoute et engagée, fine observatrice.