Mais où et donc or ni car ?


Agnès Rosenstiehl et Pierre Gay creusent la question.


Et Aurore Amouroux se penche sur les pépites extraites du "Livre de la langue française".

 

Si Agnès Rosenstiehl jongle si bien avec les mots c’est qu’elle aime et connaît la langue française sur le bout des doigts. Dans Le Livre de la langue Française, telle une archéologue, elle la fouille, la décortique, la creuse.

C’est une histoire, un traité d’archéologie linguistique appliquée.

 

« Le h qui n’est pas prononcé dans un mot est appelé lettre fossile »

 

L’histoire de la langue française c’est l’histoire des rencontres (italien-français), migrations, conquêtes, invasions (arabe), des liens commerciaux entre les pays (aztèque via l’espagnol).

Ces langues et d’autres plus anciennes ont préexisté à sa naissance. La langue française est donc une couche de la sédimentation plus large des langues du monde et de l’histoire avec un grand H.

 

L’histoire des mots : des jeux de mots.


 

« Chandail : c’était le tricot porté par les marchands d’ail auvergnats »

 

L’auteur s’amuse des mots comme des briquettes de couleur à imbriquer et nous, et bien on se prend au jeu.

Pour la construction du mot réglisse, elle explique que «  la langue a fourché ». Ne parle-t-on pas de fourche-langues pour les exercices acrobatico-linguistiques du genre : les chaussettes de l'archi-duchesse, sont-elles sèches ou archi-sèches ?

 

 

On est loin d’une grammaire rébarbative.

Au contraire elle montre que la langue, son orthographe et sa syntaxe est un lieu de récréation et nous émerveille quand elle parle de la conjugaison comme du «  jardin des verbes ».

 

 

C’est qu’Agnès Rosesnstiehl est une adepte de l’image : bandes dessinées de Pierre Gay illustrant avec humour et précision les propos de l’auteur, explications imagées (image du crochet pour expliquer les conjonctions et prépositions) et métaphores en tout genre courent tout au long de l’ouvrage.

 

«  La périphrase tourne autour du pot. »

«  La litote dit tout doucement ce qu’elle pense pour qu’on l’entende très fort. »

 

«  La langue joue mille tours de magie aux noms extravagants.» «écrit-elle pour évoquer les figures de style.

La langue est enrichie par des procédés stylistiques comme figures, les tropes. C’est un outil, transformons-le pour en faire notre langage.

 

Avec la métaphore de la voiture pour appréhender les modes et les temps, Agnès Rosenstiehl prouve que derrière une simple introduction à la conjugaison, elle initie le lecteur à des concepts plus généraux, comme la représentation du temps et le rapport entre temps et le mouvement.

 

 

L’auteur partage les astuces pour se familiariser et déjouer les pièges et difficultés de langue française.

Elle apporte un souffle de légèreté sur la syntaxe. Tout à l’air simple avec elle : «  le nom est le héros de la phrase »

 

 

La langue comme une liberté.

La langue comme une histoire à conter.

 

 

C’est une grammaire joyeuse et drôle qui devrait être dans la liste des livres scolaires, un livre à avoir dans sa bibliothèque à hauteur de nos petites têtes blondes

 

 

On peut le lire par bouts ou de bouts en bouts, debout, assis, en jouant à la corde, sur une balançoire ou le soir, dans le noir.

 

 

Aurore AMOUROUX

grande lectrice, écoutrice, précise et sensible.