Un objet dansé non identifié

L’ÉTRANGER AU PARADIS Par David Rolland, Anne d Sterk et Béatrice Massin.

 

“Un objet dansé non identifié”, le 19 novembre 2013 au théâtre de l’agora d'Evry.

Un texte de Aurore Amouroux.

 

Devant nous, des danseurs comme contrôlés, robotisés. Les sons qu’ils produisent et les gestes qu’ils font, sont indiqués par l’audioguide qu’il porte. Nous le savons mais restons dupes de leur grâce.

Cet appareil est comme l’interface entre eux et la volonté du chorégraphe. Les danseurs semblent être des instruments. Quel est leur part de liberté d’interprétation dans cette partition susurrée ?

Devant nous, des danseurs comme contrôlés, robotisés. Les sons qu’ils produisent et les gestes qu’ils font, sont indiqués par l’audioguide qu’il porte. Nous le savons mais restons dupes de leur grâce.

 

Cet appareil est comme l’interface entre eux et la volonté du chorégraphe. Les danseurs semblent être des instruments. Quel est leur part de liberté d’interprétation dans cette partition susurrée ?

 

Les entendre former des sons, des phrases en rythmes et contre-rythmes, crée une musique verbale baroque captivante.

 

Ce qui est passionnant c’est le questionnement personnel induit par ce choix de mise en scène. Sommes-nous libres ou agissons nous comme guidé par la voix de notre société, celle de nos peurs et désirs collectifs ?

 

L’appareil, l’outil, la machine, a ceci de fascinant, qu’il interroge notre niveau de libre-arbitre et de créativité.

L’acte 2, commence par une marche lente et répétitive autour du tapis de jeu. Soudain le jeu s’anime, les tracés se croisent, s’enchevêtrent et se démêlent dans des rythmes d’une maîtrise absolue. Si parfois, on craint que les corps s’entrechoquent, le mouvement imperturbable de ces 12 corps commandés par un seul chœur ne lasse pas de nous surprendre.

Représentent-ils le corps social, dont chaque rouage serait intégré à nos parcours personnels ?

Cette société est-elle l’interface entre nos mouvements de corps et d’âme ? Ferait-elle ne nous des robots ? On peut y voir aussi la magie d’une puissance créatrice qui nous dépasse…

 

Vient le moment où la musique baroque de Charpentier emporte les pas dans des danses et contre-danses, des formes et contre-formes hypnotiques.

 

 

Et celui, nommé « Défouloir », où les danseurs s’adonnent à une prestation sur le mode «  mimer c’est gagner ». On imagine que l’audioguide leur souffle le nom d’un animal ou un métier qu’il mime avec leur corps. Il exprime chacun, mais différemment le même mot. Cet intermède nous dit que chaque danseur a sa personnalité et son langage propre.

 

 

Au-delà de cet intermède, les danseurs habitent intensément la chorégraphie.

 

La création dépasse la contrainte. L’imaginaire ne peut être systématisé. Soyons-en heureux.

 

 

Aurore AMOUROUX

grande lectrice, écoutrice, précise et sensible.