Nadine FORSTER. Donner forme à la légende. Rencontre

 

La dessinatrice revient sur la multitude de héros qu'elle a fait vivre Casimir, Ulysse 31, Candy, Maya l’abeille, Le village dans les nuages, Heidi, Peter et Elliott le dragon, les 101 Dalmatiens etc etc...

 


Entretien Franck Senaud

Franck Senaud :

 

A propos de Casimir, vous dessinez à partir de marionnettes existantes, dans quelles mesures vous documentez-vous et dans quelles mesures cherchez-vous à être fidèle au modèle ?


Nadine FORSTER:

J’ai toujours eu de la facilité à me réapproprier les personnages que je n’ai pas inventés, tout en conservant l’identité originelle. Cette capacité m’a permis de travailler pour Disney qui est pourtant très exigeant avec ses créations. Généralement, on me fournit ce qu’on appelle dans le jargon les « model sheet », c’est-à-dire les personnages représentés de face, dos, profil et trois quart, accompagnés des codes couleurs. Ainsi, je peux les dessiner de façon fidèle. Pour Casimir, on m’avait envoyé des photos des marionnettes. Je me suis beaucoup amusée à donner au monstre gentil des positions rigolotes que le marionnettiste ne pouvait pas faire dans l’émission à cause du costume.

FS:

 

Vous semblez travailler en aquarelle ? Gouache peut-être par endroit ? Une habitude ? Une raison technique ? Et à quel format ?


NF:

Pour mes peintures, je ne travaille qu’à l’huile sur de très grands formats. Pour mes illustrations jeunesse, je dessine aux crayons, puis réalise mes contours à l’encre de chine avec un pinceau très fin. Pour la mise en couleur, j’utilise essentiellement de l’encre colorée de type « écoline ». Cette encre est lumineuse et miscible, plus que l’aquarelle. C’est idéal pour les personnages très colorés comme Casimir ou Maya l’abeille. Mais il est vrai que j’ai aussi utilisé l’aquarelle par exemple pour la bande dessinée Arnie. Cela apportait une douceur que je voulais pour les histoires de la jeune exploratrice. J’utilise aussi des crayons couleurs pour rehausser les contours. La gouache, je l’utilise moins. Je n’ai pas de format de prédilection. Les dessins d’illustrations ont pour objectif d’êtres reproduits sur des livres, pochettes etc. Du coup, je travaillais aussi bien sur de belles grandes feuilles que sur des chutes.

 

FS:

A partir de quand avez-vous senti que, pour Casimir, particulièrement sur l'ensemble de votre travail, ce personnage passait à la postérité davantage que les autres ?


NF:

J’ai travaillé sur une quantité de dessins animés de la télévision des années 70/80 qui ont tous une importance considérable chez les trentenaires et les quadragénaires : Albator, Candy, Maya l’abeille, La bataille des planètes, Ulysse 31, Sport Billy, Snorky, Loeki etc.

Mais c’est vrai que l’on me parle beaucoup de Casimir et du Village dans les nuages car ce sont des émissions françaises très populaires qui ont marqué plusieurs générations et qui ont toujours véhiculé des choses très positives. Aujourd’hui, tout le monde me demande quand Casimir revient à la télé. C’est une demande sérieuse de la part de parents qui souhaitent offrir à leurs jeunes enfants cette émission et ses personnages incroyables. Gribouille le petit dessinateur revient en 2015 à la télé, j’ai été ravie que l’on pense à moi pour travailler sur les model sheets. 35 ans plus tard, je trouve ça formidable.

 


Retrouvez-le à l’Espace Déclic 10, rue Aristide Briand - Étampes - présente : NADINE FORSTER

EXPOSITION DU 6 DÉCEMBRE 2014 AU 10 JANVIER 2015

Vernissage le vendredi 5 décembre, à partir de 19h

www.espacedeclic.com