Eva Gonzales (1849-1883)

 

 

 

 

 

 

 

Elle naît en 1849 à Paris d’Emmanuel Gonzalès, romancier et de Marie-Caelina Ragut, cantatrice. Elle a une sœur Jeanne née en 1852 et qui deviendra peintre comme elle.

 

 

À partir de 1865, à 16 ans, elle prend des cours de dessin auprès du peintre de salon Charles Chaplin, de style académique et spécialisé dans les portraits de femmes. Elle entre en 1869 dans l’atelier d’Édouard Manet où se trouve déjà Berthe Morisot. Elle sert souvent de modèle pour les impressionnistes et elle acquiert progressivement leur style. Elle expose régulièrement aux Salons de style académique à partir de 1870, mais refuse de participer aux expositions des impressionnistes. Elle reste une proche d’Édouard Manet jusqu’au décès de celui-ci en 1883, certains émettent l’hypothèse qu’ils ont un fils ensemble né en Espagne en 1872.

 

 

Elle prend comme élève et modèle sa sœur cadette Jeanne qui deviendra une peintre aquarelliste réputée. Elle se retire, avec sa famille, à Dieppe en 1870 pendant la guerre franco-prussienne. De retour à Paris, elle peint de nombreux tableaux colorés de style impressionniste. Suivant les contraintes sociales de l’époque, concernant les femmes artistes, son œuvre comporte surtout des portraits et des scènes d’intérieur, très peu de paysages en extérieur.

 

 

En 1879, elle épouse le peintre et graveur Henri Guérard. Le couple se rend souvent en Normandie à Honfleur où il côtoie des artistes comme Félix Bracquemond, Paul Cézanne, Ernest Cabaner. En 1883, Éva donne naissance à son fils Jean et décède peu de jours après à 33 ans.

 

 

Elle disparaît alors qu’elle est en plein essor artistique et elle est la moins connue des grandes impressionnistes de l’époque comme Berthe Morisot ou Mary Cassatt. Son œuvre est en cours de redécouverte.

 

 

Pour la petite histoire, en 1888 sa sœur Jeanne épouse son beau-frère Henri Guérard, veuf d’Éva et elle élèvera l’enfant de celle-ci. Jeanne continue sa carrière et obtient la Légion d’honneur pour son œuvre en 1923. Elle décède en 1924, à 72 ans.

 

Philippe MARQUIER