Hélène Bertaux (1825-1909) dite Léon Bertaux

 

 

 

 

 

 

 

Joséphine, Charlotte, Hélène naît en 1825 à Paris de Jean-Louis Pilate, ouvrier et de Marie-Jeanne Planson. Elle commence très jeune sa formation artistique auprès du nouveau compagnon de sa mère le sculpteur Pierre Hébert. Elle débute sa carrière en sculptant des œuvres de petites dimensions, telles que des pendules. Puis, pour passer aux sculptures plus importantes, elle devient l’élève d’Auguste Dumont.

 

 

Elle se marie en 1847 avec Augustin Allélit. Ayant quitté son époux, elle se met en ménage avec un nouveau compagnon Léon Bertaux qu’elle épouse en 1866 après le décès du premier. Elle débute en exposant au Salon de 1849 sous le nom d’Hélène Allélit, puis à partir de 1854 elle expose dans les Salons sous le nom de «Madame Léon Bertaux». Cet effacement derrière le nom de son compagnon puis époux lui permet d’obtenir des commandes publiques. Ainsi, elle reçoit des commandes de l’Etat de grands bas-reliefs sur les frontons du Palais des Tuileries et du Louvre.

 

 

Elle est médaillée aux Salons de 1864 et 1867, déclarée «hors concours» à celui de 1873. Elle est la première sculptrice à recevoir la médaille d’or à l’Exposition Universelle de 1889 pour son œuvre «Psychée sous l’emprise du mystère». En 1893, elle fait partie de la délégation des femmes françaises qui exposent dans le «Woman’s Building» lors de l’exposition universelle de Chicago (USA).

 

Féministe convaincue et devant l’interdiction des femmes à être admises à l’École des Beaux-Arts, elle décide d’ouvrir un atelier de dessin en 1873, puis de sculpture en 1880, destinés aux élèves féminines. Pour permettre aux femmes d’obtenir un véritable statut, elle fonde en 1881 l’«Union des femmes peintres et sculpteurs (UFPS)». Elle en est la présidente jusqu’en 1894.

 

 

Grâce à son acharnement avec d’autres artistes féminines, elle obtient en 1897 l’ouverture aux femmes de l’École des Beaux-Arts puis à partir de 1903 leur accession au concours du «grand prix de Rome». Elle se retire épuisée et décède à 83 ans, quasi oubliée en 1909 à Saint-Michel de Chavaignes (Sarthe).

 

Philippe MARQUIER