LIGNERIS. Qui sont les Millennials ?

Pourquoi la presse en ligne touche tant les Millennials ? Quels sont les nouveaux rapports de force qui s’établissent entre les médias et les Millennials ? Quels nouveaux visages ont ces rédactions.

 

Extrait de mémoire. Septembre 2017

Photo libre de droits
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D’un côté il y a la presse en France, que l’on décrit partout comme à l’agonie, vieillissante, en chute libre... De l’autre, il y a les Millennials, cette génération née après 1980 qui a grandi avec les évolutions technologiques de communication et d’information. Un flottement se glisse dans la définition même de ce qu’est un Millennial mais dans l’imaginaire collectif, le Millennial est très simple à se représenter : ce jeune urbain vivrait avec un téléphone à la main, serait ultra connecté et aurait donc abandonné le livre et le journal papier, préférant déambuler au hasard sur internet ou regarder compulsivement des séries. Mais en réalité, le Millennial est bien plus complexe que cela. Selon les endroits où ils vivent, les Millennials sont différents et n’ont pas les même buts et priorités. il est donc difficile (voire impossible) de dresser un portrait définitif et tranché du Millennial type.

Mais ici, nous allons nous intéresser aux Millennials vivants dans des pays développés où la liberté d’expression leur est possible et ce seront plus particulièrement les français que nous allons observer. En orientant notre réflexion sur cette génération appelée Millennials avide d’actualités et d’informations et sur la crise que traverse le journalisme papier en France, nous en sommes arrivés à nous poser une question. Cette question est la suivante : et si les Millennials obligeaient le journalisme en France à se réinventer ?

 

Pourquoi la presse en ligne touche tant les Millennials ? Quels sont les nouveaux rapports de force qui s’établissent entre les médias et les Millennials ? Quels nouveaux visages ont ces rédactions. Enfin pourquoi Snapchat et le Discover pourraient bien créer une micro-révolution  dans la presse ?

 

Les Millennials : des “cool kids”, mais pas que…

 

 

Le terme est apparu pour la première fois en 1989 sous la plume des sociologues et historiens américains William Strauss et Neil Howe. Pour eux, les Millennials sont cette génération qui fait suite à génération X et aux Baby Boomers, il sont  donc nés entre les années 80 et 2000. Dans différents travaux, le duo de sociologues propose  une théorie selon laquelle depuis le 16ème siècle des “cycles de générations” se succèdent.

 

Cependant, cette théorie a fait des sceptiques : suffit-il d’être nés à la même période  pour partager des caractères et comportements communs avec des inconnus ? Cet “effet de  génération” affecte-t-il tant un sujet que cela supplanterait des déterminants sociologiques tels que l’environnement social, géographique ou familial ? Dès ses premiers balbutiements, le Millennial est déjà un terme flou. D’ailleurs, nous avons ici choisi de parler de “Millennial”,  mais d’autres préféreront parler de “digital native”, de “génération Y”, de “génération why”... : la multiplicité des termes peut entraîner une certaine confusion.

 

Pour se faire une idée plus précise des Millennials, éloignons nous alors du flou de la  théorie pour revenir à des valeurs sûres : les chiffres. En 2015, l’INSEE estimait que ces 15-30 ans appelés Millennials étaient 77 millions aux États-Unis, 89 millions dans l’Union Européenne et 14,2 millions en France. Dans notre pays ils représentent donc environ 21,3%  de la population française. Dans le monde, la même années ils étaient estimés à 1,4 milliard.